Les conditions essentielles pour participer à un groupe en Gouvernance Partagée
S’engager dans un groupe fonctionnant en Gouvernance Partagée (GP) repose sur des piliers essentiels qui favorisent le respect mutuel, la responsabilité individuelle, et une dynamique collective saine. Ces principes permettent non seulement de transformer le groupe, mais aussi de créer un impact sociétal positif.
La bienveillance, clé des relations humaines
Dans tout groupe, les personnalités diffèrent : certains membres sont extravertis, d’autres introvertis ; certains s’expriment aisément, tandis que d’autres, plus discrets, possèdent une expertise précieuse qu’ils n’arrivent pas à exprimer. Ces différences peuvent générer des tensions, des rivalités, ou des luttes de pouvoir.
La Gouvernance Partagée exige que chaque membre pratique la bienveillance envers lui-même et envers les autres. Cela signifie :
- Écouter activement, sans juger ;
- Exprimer ses ressentis de manière claire et respectueuse ;
- Reconnaître les besoins derrière les émotions et formuler des demandes constructives.
Pour cultiver cette bienveillance, les principes de la Communication Non Violente (CNV) s’avèrent précieux :
- Observer sans juger : décrire la situation de manière factuelle, sans interprétation ni accusation.
- Exprimer ses émotions : partager ce que l’on ressent face à la situation (tristesse, colère, joie…), sans accuser l’autre de les provoquer.
- Identifier les besoins :
👉 Reconnaître et nommer ses propres besoins non satisfaits, souvent à l’origine des tensions,
👉 Mais aussi chercher à comprendre les besoins de l’autre, car une relation équilibrée nécessite que les besoins des deux parties soient considérés. - Formuler une demande concrète et positive : proposer une action claire et réaliste qui pourrait contribuer à satisfaire les besoins exprimés.
Nous vivons dans des sociétés où ni l’éducation ni la culture ne nous ont préparés à ce type de communication. Trop souvent, nous utilisons le « tu » accusateur au lieu de parler à partir de notre propre ressenti. Par exemple, dire « Tu ne comprends pas ce que je veux dire » revient à juger l’autre au lieu de partager son propre ressenti et exprimer un « Ce n’est pas ce que je voulais dire ». La CNV est une compétence à développer dans tous les aspects de la vie : en famille, à l’école, dans le couple, ou au travail et dans nos associations de transition.
Un autre outil puissant est l’application des Accords Toltèques :
- Que ta parole soit impeccable.
- Ne prends rien personnellement.
- Ne fais pas de suppositions.
- Fais toujours de ton mieux.
- Sois sceptique, mais apprends à écouter.
Dans un groupe en GP, il n’est pas nécessaire d’être un expert en CNV ou en accords toltèques dès le départ. Ce qui compte, c’est de s’engager à progresser, avec le soutien des facilitateurs et des autres membres. Le plus important est de commencer et de percevoir ce cheminement comme une solution aux défis individuels et collectifs.
Créer un cadre de sécurité
Un cadre de sécurité est indispensable pour que chacun puisse s’exprimer sans peur et contribuer pleinement à la dynamique du groupe. Ce cadre repose sur :
- La confiance en soi et en les autres ;
- L’acceptation des différences, sans chercher à imposer sa vision ;
- La reconnaissance des imperfections, autant les siennes que celles des autres.
Ce cadre de sécurité se traduit par des règles communes, comme une charte relationnelle, incluant :
- La bienveillance mutuelle ;
- La confidentialité des échanges ;
- Des processus d’intégration pour accueillir les nouveaux membres ;
- Des processus de séparation pour permettre des départs respectueux et sereins.
Adopter une posture d’adulte conscient
La Gouvernance Partagée exige une posture d’adulte conscient, c’est-à-dire une manière d’être qui reflète maturité et responsabilité. Cela passe par :
- Un travail sur soi, pour mieux comprendre ses émotions, ses réactions, et ses comportements.
- L’accueil de toutes les facettes de soi, y compris ses fragilités et ses mécanismes de défense hérités du passé.
- La capacité à répondre aux situations avec discernement, plutôt que de réagir sous l’emprise de ses blessures ou de ses automatismes.
Ce travail personnel peut être facilité par un accompagnement thérapeutique, car le collectif n’est pas l’espace idéal pour ce type de cheminement. Cependant, cette démarche individuelle enrichit grandement la dynamique de groupe et renforce la qualité des interactions.
Un engagement vers une transformation collective
Participer à un groupe en Gouvernance Partagée, c’est accepter un double défi : celui de grandir individuellement et celui de construire un collectif où chacun a sa place et contribue à un projet commun. Bien que cette démarche demande des efforts et du temps, elle porte en elle une promesse : celle de résoudre nos problèmes relationnels, organisationnels et même sociétaux en posant les bases d’un « faire ensemble » respectueux et durable.