Après avoir abordé la conscience de soi, la conscience du vivant, puis la prise de conscience sociale, il est naturel de poursuivre le chemin proposé par L’Évolution Orange en interrogeant notre manière d’aborder les problèmes eux-mêmes. Cela suppose d’adopter une nouvelle posture, une façon différente de penser les situations : non plus en les prenant seulement dans leur immédiateté ou leurs conséquences visibles, mais en apprenant à remonter patiemment jusqu’à leurs causes profondes.
Soigner les symptômes ou s’attaquer aux racines ?
Dans de nombreux domaines de la vie collective, nous nous agitons sur les symptômes des problèmes plutôt que sur leurs racines. On multiplie les dispositifs de sécurité après une agression, on crée des aides ponctuelles après une crise sociale, on renforce les digues après une inondation.
Ces réponses peuvent être utiles à court terme, mais elles restent souvent superficielles. Elles évitent de poser les vraies questions : pourquoi ces problèmes apparaissent-ils, et que pourrions-nous faire pour qu’ils ne surgissent plus ?
Le confort de l’immédiat et la peur de la complexité
Plusieurs raisons expliquent cette fuite en avant vers le traitement des conséquences.
L’une d’elles est liée à notre impuissance ressentie face à la complexité des causes profondes : chercher à les comprendre exige du temps, de l’écoute, de la nuance, de la coopération.
À l’inverse, réparer les effets donne rapidement l’illusion de l’action et du contrôle, même si cela ne résout rien en profondeur.
Le fatalisme social : croire que rien ne change
Une autre raison tient à une croyance largement répandue : celle que l’on ne peut pas vraiment changer les êtres humains, ni les systèmes sociaux. Cette vision fataliste postule que certaines choses sont “comme elles sont” — qu’il y aura toujours de la violence, des injustices, de la pauvreté.
Dès lors, pourquoi chercher à en comprendre les origines ? Autant s’en accommoder, et gérer les conséquences.
Une leçon d’ingénieur : la règle des 5 pourquoi
Dans le monde de l’ingénierie, il existe pourtant une méthode simple et puissante appelée la règle des 5 pourquoi.
Face à un dysfonctionnement, elle invite à s’interroger à plusieurs reprises sur les causes successives d’un problème, jusqu’à atteindre sa racine. Par exemple :
Pourquoi cette pièce est-elle cassée ? Parce qu’elle a surchauffé.
Pourquoi a-t-elle surchauffé ? Parce que le système de ventilation était défaillant.
Et ainsi de suite, jusqu’à la cinquième couche de causalité, si nécessaire.
L’objectif est clair : ne pas se contenter de réparer les symptômes, mais agir sur la source pour éviter toute récidive.
Et si on appliquait cela à la société ?
Cette approche, issue d’un univers technique, mérite d’être transposée à nos dynamiques collectives.
Pourquoi ne pas l’appliquer aux enjeux sociaux, écologiques ou politiques ?
Pourquoi acceptons-nous si souvent d’investir massivement dans la réparation des effets, alors que traiter les causes serait plus durable — et souvent plus économique à long terme ?
Croire en notre capacité de transformation
Choisir de prendre les problèmes à la racine, c’est faire confiance à notre capacité de transformation. C’est croire que l’humain peut évoluer, que la société n’est pas figée, et que l’intelligence collective peut faire émerger des solutions inédites. C’est aussi reconnaître que nos problèmes ne sont pas des fatalités, mais des signaux qui nous invitent à revoir notre manière d’être, de penser, et de vivre ensemble.
Une invitation au cœur de l’Évolution Orange
L’Évolution Orange, dans sa quête de lucidité et de cohérence, invite à cette démarche exigeante. Refuser les réponses toutes faites. Interroger les évidences.
Et oser aller chercher, patiemment, ce qui se cache sous la surface.