En tant que membre de l’association Val-de-Marne en Transition (VdMT), j’ai lancé le projet « DémocratieParticipative94.fr » en décembre 2025. Ce projet s’est concrétisé par une « Charte pour la Démocratie Participative 94 », invitant les listes aux municipales 2026 du Val-de-Marne à s’engager, en cas d’élection, à développer une démocratie de co-construction avec les citoyens.
Inspirée par le Pacte pour la Transition du Collectif pour une Transition Citoyenne (CTC), cette initiative a permis de sensibiliser les acteurs locaux, malgré un calendrier électoral contraint qui n’a permis de recueillir que six signatures — dont celle d’une liste élue.
L’accompagnement
Suite aux élections, VdMT propose désormais aux mairies du 94 un accompagnement opérationnel vers la Démocratie Participative (DP).
En tant qu’association bénévole sans salarié, VdMT s’appuie sur des prestataires pour assurer cet accompagnement technique. Je fais partie de ces prestataires et, fidèle à l’éthique de l’association, j’applique la règle de transparence propre à VdMT : 5 % de la facturation globale sont reversés à l’association sous forme de don par la municipalité, garantissant ainsi le fonctionnement et la poursuite des projets de transition.
Comprendre les niveaux de la Démocratie Participative
Pour clarifier notre démarche, il est utile de rappeler les six niveaux classiques de participation (source : participation.brussels) :
- Information : Mettre à disposition des informations pour expliquer des politiques publiques.
- Consultation : Recueillir des avis pour aider à la prise de décision, avec un retour argumenté.
- Co-construction : Impliquer les acteurs et organiser le dialogue pour élaborer un projet.
- Co-décision : Partager le pouvoir de décision dans la mise en œuvre entre autorités et citoyens.
- Délégation : Confier à des tiers la responsabilité de la mise en œuvre.
- Interpellation : Permettre aux citoyens de signaler un besoin ou un désaccord.
Chez VdMT, nous concentrons nos efforts sur la Co-construction et la Co-décision.
Pourquoi ces deux niveaux ? La Co-construction permet de débloquer des impasses grâce à un échange organisé, favorisant une meilleure acceptation sociale. Toutefois, elle exige des méthodes solides et des ressources humaines réelles. La Co-décision, quant à elle, offre un espace à la créativité citoyenne et garantit que l’esprit des projets est respecté jusqu’à leur réalisation concrète. Le « diable se cache dans les détails » : il est donc essentiel d’impliquer les citoyens et associations jusqu’au bout.
Intégration aux modèle « Municipalités en Transition »
Comment notre démarche s’articule-t-elle avec la « Boîte à outils pour la transformation locale » (BOTL) proposée par le projet du Transition Network “Municipalités en Transition” ?
La méthode originale est exigeante. Pour la rendre accessible, VdMT propose une version plus flexible, structurée autour de trois piliers :
- Le diagnostic (baseline) pour établir un état des lieux précis.
- L’intelligence collective par la formation à la décision par consentement et la Communication Non Violente (CNV).
- La mise en pratique sur le terrain, en intégrant progressivement des méthodes de traitement des problèmes complexes.
Un investissement nécessaire
Le déploiement de ces outils nécessite des moyens. Certains candidats ont hésité à signer la Charte DP94 par crainte des coûts liés aux prestations d’analyse et d’animation évaluées au minimum à 2€/habitant.
Pourtant, il est temps de dépasser le mythe de « l’homme providentiel » qui, seul, saurait répondre aux besoins d’une population entière. À l’heure où les projets municipaux se chiffrent en millions d’euros, ne pas investir dans les moyens de garantir l’adéquation de ces projets aux besoins réels des habitants est un contresens. L’intelligence collective a démontré sa supériorité ; encore faut-il se donner les moyens de la déployer avec rigueur et méthode.